Fort (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

I.
X e siècle. Issu du latin fortis, « courageux, robuste ».

I. Adj.

A. Qui a de la force.
1. Doué d'une grande vigueur, solide, robuste. Un homme grand et . Sera-t-il assez pour porter ce fardeau ? Par méton. Une e constitution, une e nature. Expr. Fort comme un Turc, d'une force hors du commun. Le sexe , le sexe masculin, les hommes. Fig. Prêter main-forte à quelqu'un, voir .
2. Corpulent, épais. Un gaillard. Une femme e. Elle est e des hanches. Une e poitrine. Des traits s.
3. Solide, résistant, fait pour supporter diverses actions. Cette poutre n'est pas assez e. Un pilier, une e voûte. Une e muraille, une e digue. Papier , carton , épais et que l'on ne peut déchirer facilement. Étoffes es, toiles es. De es chaussures, de grosses chaussures très solides. Colle e, qui permet d'obtenir un collage résistant. Terre e, grasse et lourde, difficile à travailler. Spécialt. Qui est doté de puissants moyens de défense, qui peut résister aux attaques. Une place e, une ville e, un château . Par anal. Une chambre e. Coffre-fort, voir ce mot. Loc. Le point d'une personne, ce qui en elle donne le moins de prise aux attaques, à la critique ; le domaine où sa compétence est le plus certaine. Les points s de l'adversaire. Fig. L'histoire est son point , il y excelle. Le point d'une théorie, d'un système.
4. Qui a de solides connaissances ; habile, expérimenté, capable. Être en latin, en mathématiques. Il n'est pas assez pour traiter un tel sujet. Fam. Il est beaucoup trop pour moi, je ne peux rivaliser avec lui. Expr. Il est , très , pour parler, pour pérorer, il sait moins agir que discourir. Par euphémisme. Il n'est pas , pas très , il manque d'habileté, de discernement. Être en gueule, avoir le verbe haut, la repartie prompte et volontiers insolente. Vieilli. Par méton. Une tête e, une personne qui a beaucoup de jugement, de grandes capacités.
5. Ferme et courageux, capable de résister. Être, se montrer contre l'adversité, dans les épreuves, face au danger. Un caractère , une âme e. Par ext. Une e tête, une personne animée d'un esprit de rébellion. Mettre les es têtes à la raison. Un esprit , une personne qui rejette les croyances religieuses ou les opinions couramment admises. Spécialt. Un cheval en bouche, qui résiste au mors.
6. Qui a de la puissance, des ressources, de l'autorité ; qui est en état de lutter, d'être obéi, d'agir efficacement. Un roi, un gouvernement, un exécutif . Un régime, un État . Loc. Être de quelque chose, en tirer son assurance, sa force morale ou matérielle. Une armée e de tant de bataillons. Une cavalerie e de six cents hommes. Il est de l'appui du ministre. Elle est e de son bon droit, de sa longue expérience. Être en, disposer d'un grand nombre, d'une grande quantité de. Un parti en adhérents. Une armée e en infanterie. Se faire de, suivi d'un infinitif, s'estimer, s'affirmer capable de (dans cette locution, reste généralement invariable, voir ). Il se faisait de réunir la somme demandée. Elles s'étaient fait de réussir. Se porter pour quelqu'un, se porter garant pour lui, ou répondre de son consentement. Elles se portèrent pour leur frère. Expr. L'homme , dans un groupe, la personne dont l'influence est déterminante. Avoir affaire à e partie, affronter un adversaire ou un concurrent redoutable ou, fig., être en butte à des difficultés importantes. Par méton. Recourir à la manière e, user de la contrainte, de la violence. . Le Dieu , celui des Hébreux, par opposition aux dieux des gentils.

B. Qui est important ou exceptionnel en son genre.
1. Considérable par sa dimension, sa quantité, son étendue, etc. Un volume, un gros livre, comportant un grand nombre de pages. Une e pente. Une e crue, une e marée. Une e chaleur, de es gelées. De es pluies. Une e poussée de fièvre. Une e dose de médicament. Une e somme, une e hausse des prix. Un accent, un accent marqué. Par ext. Avec une simple valeur intensive. Un mangeur, un buveur. Expr. Le prix , le prix maximal, sur lequel le vendeur n'a consenti aucune réduction. Payer le prix . Vendre, acheter au prix . Spécialt. Temps , le plus accentué d'une mesure. Appuyer sur les temps s. Par méton. La pédale e d'un piano, celle qui permet aux cordes de résonner librement.


Syllabe e, qui porte un accent d'intensité.

Une consonne e ou, subst
, une e, consonne émise avec une e tension articulatoire, par opposition à Consonne douce. Les consonnes p, t, k sont es. (On dit aussi Consonne tendue. )


Monnaie e, devise e, dont le cours est élevé et résiste aux fluctuations du marché international.


Carte e, qui l'emporte sur les autres dans une levée ou dans sa couleur. La couleur e ou, subst., la e d'un joueur, la couleur dans laquelle il a le plus grand nombre de cartes es. Au bridge. Jouer dans la e du mort.
2. Intense, puissant, en soi-même ou par ses effets. Une voix e. Un vent , violent. Un bruit très . Une e secousse tellurique. En cet endroit du fleuve, le courant est très . Une mer e, entre agitée et grosse. Un goût , une saveur e. Une e odeur d'essence. Vinaigre , moutarde e, de saveur piquante. Liqueurs es, à haute teneur en alcool. Café , thé . Un fromage , des radis s, de goût très prononcé. Un ressort. De es tenailles. Une e loupe. Un engrais, un désherbant . Un acide, un électrolyte , une base e. L'acide nitrique est un acide . Eau-forte, voir ce mot. Se plaindre d'une e douleur. Produire une e impression. Rechercher les sensations es, celles que fait éprouver le risque. Un sentiment très . Un penchant, une e antipathie. Éprouver un sentiment de révolte. Expr. C'est plus que moi, se dit d'un sentiment, d'un penchant auquel on ne peut résister. Titre célèbre : Fort comme la mort, de Guy de Maupassant (1889).
3. Qui est bien fondé, qui s'appuie sur des arguments solides. De es présomptions, de s soupçons. La thèse qu'il défend est e. C'est un argument très . Expr. À plus e raison, avec d'autant plus de raison, plus encore.
4. En parlant d'une œuvre, de moyens d'expression. Qui frappe l'esprit par sa densité, sa richesse, son pouvoir d'évocation. Des images es. La 3 e symphonie de Beethoven, la 5 e et la 9 e , sont parmi ses œuvres les plus es. Par ext. Les temps s d'un spectacle, qui laissent les impressions les plus durables. Les moments s d'un film. Les passages les plus s d'un roman. Le sens d'un mot, chargé de toute sa valeur expressive. Au sens du terme, dans son sens premier, non affaibli.
5. Qui requiert ou qui révèle beaucoup d'intelligence, d'habileté, de talent ; difficile. L'entreprise est e ! Vous lui donnez là une e tâche, une tâche ardue. Ce qu'il a réussi là est très . Fam. C'est de plus en plus ! ou, ellipt., De plus en plus ! de plus en plus remarquable, de plus en plus étonnant. Par euphémisme. Ce n'est pas , pas très , ce n'est pas habile, pas intelligent, pas brillant.
6. Qui dépasse la mesure. L'épithète est e, excessive, dure, blessante. Dire des plaisanteries un peu es, outrées. Ellipt. et fam. En dire de es, tenir des propos difficiles à croire ou inconvenants. Expr. C'est , un peu , trop , par trop . Voilà qui est . Subst. Le plus , c'est que..., le plus étonnant est que... ; qui plus est.

II. N. m.

A. Personne qui possède la force, la puissance.
1. Personne douée d'une grande vigueur. C'était un entre les s. Surtout dans l'expression Fort de la Halle, Fort des Halles, portefaix de l'ancienne Halle aux blés ou des anciennes Halles centrales de Paris.
2. Personne qui a de solides connaissances. Un en thème, un élève qui remporte tous les prix, qui réussit à tous les examens. S'emploie parfois avec une intention péjorative, pour opposer l'application au brio.
3. Personne qui détient le pouvoir. Protéger le faible contre le . Expr. proverbiale. La raison du plus est toujours la meilleure, le puissant l'emporte sur le faible sans justifier de son bon droit.
4. Personne douée d'une grande fermeté morale. Il a l'intransigeance des s.

B. Ce qui, dans un être ou une chose, est le plus résistant, le plus puissant.
1. Partie la plus résistante d'une chose. Le d'une voûte. Le d'une poutre, la partie qui offre la plus grande résistance à la charge. Le d'une épée, le tiers du tranchant le plus proche de la garde, avec lequel on pare les coups. Spécialt. Le d'un bois, l'endroit où il est le plus épais. S'enfoncer au de la forêt. Battre les bois jusque dans leur . Par méton. . Repaire, retraite de certains animaux. Le sanglier est dans son . Relancer une bête dans son . Par ext. . Le d'un navire, sa partie la plus large (on dit aussi Largeur au ). Expr. fig. Le plus est fait, le plus difficile, le plus pénible.
2. Degré, point de la plus haute intensité. Dans le de l'hiver. Au , au plus de l'été. Au de la tempête. Il s'élança courageusement au de la mêlée. Garder son courage au plus du danger.
3. Ce qui fait la puissance, la qualité, l'efficacité d'une personne ou d'une chose. Connaître le et le faible d'une personne, d'une affaire. Son , c'est la mémoire. Par euphémisme. La franchise, la délicatesse n'est pas son . (On dit aussi Point . ) Expr. Le portant le faible, toutes choses compensées, ce qui manque d'un côté étant suppléé de l'autre.

C. Ouvrage de ification présentant plusieurs fronts, édifié pour résister aux attaques de l'ennemi. Bâtir, attaquer, prendre un . En 1916, l'offensive allemande se brisa sur le de Vaux. Spécialt. Fort Chabrol, maison où quelqu'un se retranche pour résister à la force publique, par allusion au siège soutenu par un forcené, en 1899, rue de Chabrol, à Paris.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui est robuste, vigoureux. "Un homme grand et . Avoir une e constitution. C'est un homme et qui résiste au travail, à la fatigue. Il n'est pas assez pour porter tout cela. Ce cheval est-il assez pour ce camion."
Fam., "Fort comme un Turc," Extrêmement robuste, vigoureux.
Il signifie aussi Qui est grand et puissant de corps ou épais de forme; qui est de volume, de dimension épaisse. "Un homme de poitrine. Cette personne est un peu e." Par extension, "Avoir les traits s."
Il se dit également des Choses et signifie Qui est gros et épais de matière, capable de porter un poids ou de résister à un choc. "De es murailles. Une e digue. Cet arbre est déjà fort. Il faut une poutre, une barre de fer plus e. Une planche qui n'est pas assez e. Avoir la jambe e, la main e, etc."
Il se dit pareillement des Étoffes, des toiles, du cuir, etc. "Cette étoffe est e, elle durera longtemps."
"Terre e," Terre grasse, tenace et difficile à labourer.
"Colle e," Gélatine extraite des matières animales que l'on chauffe pour la rendre liquide.
Il se dit aussi des Villes et des places de guerre et alors il signifie Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi. "Ville e. Place e."
Il signifie quelquefois Qui est nombreux. "Une e troupe d'ennemis. Un parti d'opposition. L'armée ennemie, plus e de moitié que la nôtre."
Il signifie encore Qui est rude, difficile, pénible. "Vous lui donnez là une e tâche."
Fam., "Le plus est fait," Le plus difficile, le plus désagréable est fait.
Il se dit figurément de Ce qui est considérable dans son genre et représente une valeur. "Une e dépense. Recevoir un salaire, de s appointements. Une e somme. Un nombre plus qu'un autre. Un mangeur. Une e dose."
"Prix ," Prix marqué sur lequel on peut obtenir certaines réductions.
"Une e lunette," Une lunette qui a une longue portée.
"Voix e," Voix pleine et qui se fait bien entendre.
Au figuré, il signifie particulièrement Qui est impétueux, grand, violent, énergique dans son genre. "Forte pluie. Vent . Sons s. Forte gelée. Forte chaleur. Forte douleur. Forte fièvre. Donnez le courant plus . Le coup de tonnerre fut si que les vitres en tremblèrent. Donner une e impulsion. Faire une e résistance." En termes de Métrique et de Musique, "La musique se divise en temps faibles et en temps s. Appuyer sur les temps s." Par extension, "Avoir une e inclination pour quelque chose. Cela fit une e impression sur son esprit. Une e colère. Une e leçon."
Fam., "Cela est plus que moi," se dit d'un Désir, d'une répugnance, d'une habitude, d'une impression, etc., qu'on ne peut vaincre, surmonter.
Fam., "Cela est , un peu , voilà qui est ," se dit d'une Chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, difficile à croire ou dure et offensante. On dit aussi "C'est un peu , c'est trop , c'est par trop ."
Il se dit, dans une acception analogue à celle qui précède, de Certaines choses qui font une vive impression sur le goût et sur l'odorat. "Liqueurs es. Vinaigre . Cette eau de Cologne a une odeur très e. Ce tabac est trop pour moi."
Il se dit, particulièrement, de Ce qui est excessivement âpre, désagréable au goût, à l'odorat. "Du beurre . Avoir l'haleine e."
Il signifie aussi Qui est chargé, en parlant d'un Liquide, d'une couleur, etc. "Vin . Bouillon trop . Ce thé est bien . Ce café est trop . Couleur e. Des teintes plus fortes."
Il signifie en outre Qui est puissant, tant au sens propre qu'au sens figuré. "Son parti est le plus . Vous aurez affaire à e partie. Un homme est bien quand il a pour lui la conscience. La raison du plus ."
"Main-forte." Voyez MAIN.
Il signifie encore Qui est bien fondé, qui est appuyé sur de bons principes. "Cette raison-là est bien plus e que l'autre. C'est un des plus s arguments pour prouver l'immortalité de l'âme. Une e objection."
Par comparaison du plus au moins, "À plus e raison," Avec d'autant plus de raison. "Si l'on a des devoirs envers l'humanité, à plus e raison en a-t-on envers sa patrie."
Il se dit également des Expressions, du style, etc., lorsqu'ils joignent l'énergie à la justesse et qu'ils sont capables de frapper, d'entraîner. "Une expression e. Un style et concis. L'épithète est un peu e."
Il signifie souvent, au figuré, Qui est habile, expérimenté, capable. "C'est un homme en matière juridique. Cet élève est en histoire, en mathématiques, en anglais. Il n'est pas assez pour traiter un pareil sujet. Être aux échecs. Je ne joue pas contre vous, vous êtes beaucoup plus que moi."
"C'est une tête e, une e tête," C'est un homme de beaucoup de jugement, de beaucoup de capacité. "C'est une des plus es têtes du conseil, de l'assemblée."
"Avoir la tête e," se dit de Quelqu'un qui porte bien le vin, qui peut en boire beaucoup sans en être incommodé. Il se dit encore d'un Caractère raisonneur, d'un indiscipliné, d'un obstiné. "Cet officier avait dans sa compagnie quelques es têtes, qu'il a fallu mettre à la raison."
"Un esprit ," se dit d'une Personne qui se pique de ne pas croire les dogmes de la religion; et, en général, de Quiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. "C'est un esprit . Il fait l'esprit . Les prétendus esprits s."
Fam., "Il n'est pas ," se dit de Quelqu'un qui manque d'intelligence, d'esprit avisé, de malice.
Fam., "Il est pour parler, pour pérorer," se dit dans un sens péjoratif ou ironique de Celui qui sait beaucoup moins agir que parler.
Il signifie quelquefois, au figuré, Qui est important, considérable. "C'est un acheteur. Une e maison."
Il signifie aussi figurément Qui est courageux, magnanime, ferme. "C'est un homme qui a l'âme grande et e. La femme e de l'Écriture."
"Se faire ," S'engager à quelque chose, se rendre caution, se rendre garant. Dans cette locution, le mot "Fort" reste invariable. "Je me fais d'en venir à bout. Il se fait de réussir. Elle se fait d'obtenir la signature de son mari. Ils se faisaient d'une chose qui ne dépendait pas d'eux." On dit dans le même sens "Se porter pour quelqu'un," Répondre du consentement de quelqu'un.
FORT se construit souvent avec la préposition EN, OU avec la préposition DE, suivie d'un nom qui indique le genre de force, la cause, la qualité, les ressources, etc., qui rendent . "Être des reins. Cette armée est e en infanterie. Les ennemis sont plus s en nombre. Une armée e de cent mille hommes. Être en raisons. Ils étaient s de nos divisions. Être de la protection de quelqu'un. Être de sa conscience."
Pop., "Être en gueule," Parler haut, parler , avoir le propos rude et prompt.
Il se dit comme nom, surtout dans le style élevé, de Celui qui a la force ou la puissance. "Protéger le faible contre le ."
"Les s de la halle," Les portefaix qui font le service de la halle aux blés de Paris et aussi des halles centrales.
Il désigne encore l'Endroit le plus d'un chose. "Le de la voûte."
Il se dit aussi de l'Endroit le plus épais et le plus touffu d'un bois. "S'enfoncer dans le du bois."
Il se dit, en termes de Chasse, du Repaire, de la retraite de certains animaux qui se réfugient toujours dans l'endroit le plus épais du bois. "Le sanglier est dans son . Relancer une bête dans son ."
Il se dit figurément et familièrement du Genre de mérite ou de savoir, de la qualité qui distingue une personne, qui la place au- dessus des autres. "L'histoire est son . C'est le prendre par son que de le mettre sur la géométrie." On dit dans un sens analogue : "Connaître le et le faible d'une affaire."
Fam., "Le portant le faible," Toutes choses étant compensées, ce qui manque d'un côté étant suppléé de l'autre.
Il désigne encore le Temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré. "Dans le , au de l'hiver, de l'été. Au de la tempête. Il est dans le de sa maladie. Un homme dans le de sa passion. Il s'élança courageusement au de la mêlée. Garder son sang-froid au du danger." On dit aussi "Au plus de la mêlée, du danger."
Il se dit en outre d'un Ouvrage de terre ou de maçonnerie ou revêtu de métal, destiné à résister aux attaques de l'ennemi. "Bâtir, attaquer, prendre un . Il n'y a qu'un de terre qui défende l'entrée du pont. Des s détachés. La défense du de Vaux."
Il s'emploie aussi comme adverbe et signifie D'une manière e et vigoureuse. "Frappez fort. Heurtez plus . Poussez . Il nie et ferme."
"De plus en plus ," Avec une force croissante. "Il crie de plus en plus . Frappez de plus en plus ."
Il signifie aussi Beaucoup; et alors, quand on le met devant un adjectif ou devant un adverbe, il marque le superlatif. "Il pleut . Elle lui plaît . Cette entreprise lui tient au coeur. J'ai cela à coeur. Il en a été " "surpris. Cet ouvrage est estimé des savants. Il est au-dessus de l'ordinaire. Fort beau. Fort laid. Fort bien. Fort mal."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui a beaucoup de force. Cet enfant deviendra . Cet oiseau a l'aile e.
VOIT.: « J'eus beau crier et me défendre [d'être berné] ; la couverture fut apportée ; et quatre des plus s hommes du monde furent choisis pour cela »
MOL.: « Mes gens vous aideront, et je les ai pris s Pour vous faire service à tout mettre dehors »
BOSSUET: « Comme elle [la jeunesse] se sent e et vigoureuse, elle bannit la crainte, et tend les voiles de toutes parts à l'espérance qui l'enfle et qui la conduit »
SÉGUR: « Les dernières levées étaient trop jeunes et trop faibles, il est vrai ; mais l'armée avait encore beaucoup de ces hommes s et tout d'exécution, accoutumés aux situations critiques et que rien n'étonnait »
    Familièrement. Être comme un Turc, comme un boeuf, extrêmement .
    Ironiquement. Il est le plus , il portera les coups.
    Fort de, se dit de la partie où l'on a de la force. Fort des bras, des reins.
    Fort de, se dit aussi de la chose qui rend .
LA BRUY.: « Semblables à ces enfants drus et s d'un bon lait qu'ils ont sucé, qui battent leur nourrice »
    Dans le langage biblique, le Dieu , Dieu.
SACI: « Mon âme a une soif ardente pour le Dieu , le Dieu vivant »
SACI: « Et, ayant dressé là un autel, il [Jacob] y invoqua le Dieu très d'Israël »
    Il se dit de la force de certaines choses comparée à la force musculaire.
BUFF.: « Les gros aimants, même les plus faibles, répandent en proportion leur force à de plus grandes distances que les petits aimants les plus s »

 2   Par extension, qui a pour soi la force matérielle.
CORN.: « Il [l'Orient] fit Vespasien chef d'un plus parti »
LA FONT.: « La raison du plus est toujours la meilleure »
    Qui a pour soi la force morale, la puissance, l'influence. Vous aurez affaire à e partie.
CORN.: « Mon repos m'est bien cher, mais Rome est la plus e ; Et, quelque grand malheur qui m'en doive arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver »
ROTR.: « Il n'a pas à combattre une e adversaire »
J. B. ROUSS.: « D'un Dieu plus que toi dépend ta destinée »
VOLT.: « Un Dieu plus que toi [vertu] m'entraînait vers le crime »
    Être bien , avoir beaucoup de force, de puissance, d'influence.
CORN.: « Et c'est être bien que régner sur tant d'âmes »
CORN.: « Madame, on est bien quand on parle soi-même »
J. J. ROUSS.: « Une mère est toujours bien e sur une fille d'un bon naturel »
    Fort de, qui puise force et confiance dans...
CORN.: « Mais il faut craindre un roi de tant de sujets »
CORN.: « Fier de mes cheveux blancs et de ma faiblesse »
CORN.: « Et e désormais de vos droits et des miens »
MOL.: « Ne te tiens-tu pas de ma poltronnerie ? »
VOLT.: « Il regrettait ces temps si chers à son grand coeur, Où, de sa vertu, sans secours, sans intrigue, Lui seul avec Condé faisait trembler la ligue »
VOLT.: « Valois plein d'espérance et d'un tel appui »
    Fig. Fort de, en parlant de choses.
LAMOTTE: « Des traits s de sens [d'une morale élevée] »
     Vers de LAMOTTE, cité par VOLT. Temple du goût: Mes vers sont durs d'accord, mais s de chose
VOLT.: « Je lis le mémoire de Mme Scaliger : il est bien de chose [souligné par Voltaire], raisonné à merveille, approfondi, et de la critique la plus vraie et la plus fine »
    Terme d'astrologie. Planète e, planète qui a le pouvoir d'influer efficacement.
    Se faire (littéralement, se donner pour assez , se dire assez pour), se porter caution, s'engager à faire quelque chose. Je me fais d'en venir à bout.
CORN.: « Le roi, s'il s'en fait , pourrait s'en trouver mal »
HAMILT.: « Il se fit de les avoir à sa maison de campagne »
    Se porter pour quelqu'un, répondre de son consentement, et aussi se porter garant pour lui.
    Fort dans ces cas-là est toujours invariable : elle se fait , ils se font de.... Du moins telle est la décision de l'Académie (voy. plus bas la REMARQUE).
    Main-forte. voy. ce mot à son rang alphabétique.

 3   Terme de guerre. Redoutable par le nombre, l'armement, la position, etc. L'ennemi était plus que nous. Une armée e de trente mille hommes Une escadre e de six vaisseaux de ligne.
CORN.: « Votre armée est la plus e en nombre »
VOLT.: « Une troupe aussi e, un camp aussi nombreux »
SÉGUR: « L'armée d'Alexandre, e de trois cent mille hommes, contenait ces peuples »
    Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi, en parlant de positions, de villes de guerre. Ville e. La position de l'ennemi était très e.
VOLT.: « Le palais de Sylla, notre plus asile »

 4   Capable, par la grosseur, par l'épaisseur, de résister au choc, au poids, en parlant des choses. De es murailles. Une poutre très e. De la vaisselle d'argent très e.
BUFF.: « Il [le rouge-gorge] place son nid près de terre sur les racines des jeunes arbres, ou sur des herbes assez es pour le soutenir »
    Terme de marine. Bâtiment de côté, bâtiment qui incline peu par un grand vent de travers. Fort en bois, qui a les côtés épais.
    Il se dit de même des tissus, des cuirs, etc. Un cuir . Une étoffe très e. Un ruban très .
    Coffre-fort, voy. COFFRE.

 5   Grand et puissant de corps. Un homme grand et . Un cheval.
    On dit de même : Avoir la main e, le pied . Il a le nez un peu .
DIDER.: « Placez la main autrement, et l'on ne s'apercevra plus qu'elle est un peu trop e et trop caractérisée »
DIDER.: « L'Hercule de Glycon a le cou très relativement à la tête et aux jambes »

 6   Qui est considérable en son genre, en parlant des choses. C'est une e maison, on y fait beaucoup de dépense. Recevoir un salaire. Une e dose. Un détachement.
ROLLIN: « La plupart des matelots accourant où la paye était la plus e »
VOLT.: « Colbert attira d'Italie Dominique Cassini, Huyghens de Hollande, et Roëmer de Danemark par de es pensions »
DIDER.: « Deux cents talents ! la somme est e, mais allez dire à votre maître que, pour me tenter, ce ne serait pas trop de sa couronne »
    Un ordinaire , une table servie copieusement chaque jour.
    Une e entrée, une entrée copieuse. On dit dans le même sens un plat , un plat copieux.

 7   Qui est en quelque excès sur la juste mesure.
BUFF.: « Je soupçonne que ces mesures données par M. Mikhéli sont trop es, d'autant qu'elles excèdent de moitié celles qu'ont données MM. Cassini, Scheuchzer et Mariotti qui pourraient bien être trop faibles »
    Monnaie e, monnaie évaluée sur un pied avantageux à celui qui la reçoit en payement.
VOLT.: « Le roi [Charles XII] répandit au hasard mille bourses, qui font quinze cent mille francs de notre argent en monnaie e »
    Denier , voy. DENIER n° 3 et n° 8.

 8   Qui a une longue portée, en parlant de la vision. Une e lunette.
BUFF.: « Après avoir fait répéter cette expérience à d'autres dont les yeux étaient meilleurs et plus s que les miens »

 9   Voix e, voix pleine et qui se fait bien entendre.
FÉN.: « Il [Télémaque] appelle à lui d'une voix e les chefs de l'armée »
    Terme de grammaire. Articulation e, celle pour laquelle il faut fermer exactement la bouche pour la prononcer ; plus l'interception est exacte, plus l'articulation sera e. pa, ta, ka, sont des articulations es ; ba, da, ga, sont des articulations faibles.
    Temps , en fait de musique, voy. TEMPS.

 10   Qui a une grande ténacité. Colle e, voy. COLLE.
    Terre e, terre grasse, argileuse, tenace et difficile à labourer.
BUFF.: « J'ai fait tirer de chacun de ces arbres une solive de 22 pieds, sur 5 pouces d'équarrissage ; la première solive qui venait du terrain pesait 281 livres ; l'autre qui venait du terrain sablonneux ne pesait que 232 livres »

 11   Touffu, dru, rangé près à près. Les blés sont s cette année. Un bois extrêmement . Une e haie l'empêcha de passer.

 12   Rude, difficile. Un ressort qui est très . Une e tâche. Ils trouvèrent une montagne e à monter.
ROTR.: « Il n'est tigre d'Asie, il n'est lion d'Afrique, Ni monstre si funeste et si à dompter »
    Ce cheval a la bouche e, il a la bouche dure.
    Un cheval en bouche, cheval qui résiste au mors.

 13   Chargé, en parlant d'une couleur, d'une liqueur. Bouillon . Cette lessive est trop e. Des teintes plus es.

 14   Qui fait beaucoup d'impression sur le goût, l'odorat. Ce tabac est très . De es épices.
    Liqueurs es, liqueurs alcooliques.
RAYNAL: « L'on n'a d'autre intempérance à leur reprocher qu'une passion démesurée pour les liqueurs es »
RAYNAL: « Le grand muphti, désespéré de voir les mosquées abandonnées, décida que cette boisson [le café] était comprise dans la loi de Mahomet, qui proscrit les liqueurs es »
    Eau-forte, nom de l'acide azotique.
LA BRUY.: « Ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par les eaux-de-vie et par toutes ces liqueurs les plus violentes, il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte »
    Graver à l'eau-forte, graver sur une planche de cuivre à l'aide de l'eau-forte.
    Eau-forte, estampe tirée sur une planche qui a été préparée à l'eau-forte. Une belle eau-forte.

 15   Âcre au goût, désagréable à l'odorat. Du beurre .
SCARR.: « Ceux de qui l'haleine est bien e, Ou bien, pour parler d'autre sorte, Dont l'haleine sent les poireaux »
BUFF.: « La chair du faon est bonne à manger, celle de la biche et du daguet n'est pas absolument mauvaise, mais celle des cerfs a toujours un goût désagréable et »

 16   Fig. Qui a de la grandeur, de l'impétuosité, de la violence, en parlant des choses. Une e maladie. Son pouls est et élevé. Forte gelée. Le vent a été toute la nuit. Forte douleur. Donner une médecine trop e. Forte chaleur.
    En parlant de la mer, grosse, houleuse. Une e mer.
    Il se dit, dans un sens analogue, des choses morales.
BALZ.: « La vérité même ne serait pas assez e contre vous »
CORN.: « Si d'un triste devoir la juste violence.... Prescrit à ton amour une si e loi Qu'il te rend sans défense à qui combat pour moi »
CORN.: « Qu'en présence des rois les vérités sont es ! Que, pour sortir d'un coeur, elles trouvent de portes ! »
CORN.: « Il est assez nouveau qu'un homme de son âge Ait des charmes si s pour un jeune courage »
CORN.: « Et ce qu'ils ont osé contre leur servitude N'en a rendu le joug que plus et plus rude »
CORN.: « Votre nom pour ce choix est plus que le mien »
CORN.: « De la plus e ardeur vous portez vos esprits Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris »
CORN.: « As-tu donc pour la vie une haine si e ? »
CORN.: « Le premier sang versé rend sa fureur plus e »
CORN.: « À moins d'une secrète et e antipathie »
MOL.: « Ta e passion est d'être brave et leste »
TH. CORN.: « M'en acquitter vers elle est ma plus e envie »
BOSSUET: « Je répétai deux ou trois fois la proposition accordée, ajoutant toujours quelque circonstance plus e, mais évidemment contenue dans ce qui était accordé »
RAC.: « Qui peut vous inspirer une haine si e ? »
RAC.: « Ceux que des noeuds si s n'ont pas su retenir »
MARIV.: « J'étais comme enlevée ; il y avait quelque chose de trop pour moi dans la rapidité des événements qui me déplaçaient, qui me transportaient »
VOLT.: « Mon amour est plus , plus grand que mes bienfaits »
VOLT.: « Ce nouveau mouvement dans mon coeur est trop »
VOLT.: « Et sur votre vaillance J'ai fondé dès longtemps ma plus e espérance »
DUCIS: « Pour murmurer jamais ma tendresse est trop e »
    Cela est plus que moi, je n'y puis résister, en parlant d'une passion, d'une habitude qu'on ne peut vaincre.

 17   Un marchand, un marchand qui fait de grandes affaires.
VOLT.: « On consulta enfin deux s laboureurs et deux bons marchands de blé, et il y eut le lendemain plus de pain au marché qu'on n'en voulait »

 18   Qui a de la force d'âme, de la fermeté. La femme e de l'Écriture.
CORN.: « Ô dieux ! que de faiblesse en une âme si e ! »
BOSSUET: « Une femme e, pleine d'aumônes et de bonnes oeuvres, précédée, malgré ses désirs, par celui que tant de fois elle avait cru devancer »
VOLT.: « Vous avez une âme e à qui je dis quelquefois des vérités es »
VOLT.: « Fort contre vos raisons, faible contre ses pleurs »
GENLIS: « Nous ne pouvons jamais nous affranchir de la nécessité d'avoir un suprême empire sur nous-mêmes ; si nous ne sommes pas es contre le vice, nous sommes obligées de l'être contre la honte »
    Il se dit, en un même sens, de certaines choses morales ou intellectuelles.
BOSSUET: « Voyons donc ce dernier combat [l'agonie] ; mais encore un coup affermissons-nous ; ne mêlons point de faiblesse à une si e action, et ne déshonorons pas par nos larmes une si belle victoire »
ROLLIN: « On n'entendit plus parler de cette éducation e et sévère de la jeunesse persane »
VOLT.: « Je conviens que le sujet n'est guère théâtral pour nous qui, ayant beaucoup plus de goût, de décence, de connaissance du théâtre que les Anglais, n'avons généralement pas des moeurs si es »
RAYNAL: « Les Mogols n'avaient plus rien de ces moeurs es qu'ils avaient apportées de leurs montagnes »
    On dit quelquefois qu'une oeuvre littéraire est e, quand elle exprime surtout des sentiments de fermeté et de courage, etc.
VOLT.: « On joue souvent Zaïre parce qu'elle est tendre ; on ne joue pas Brutus parce que cette pièce n'est que e »

 19   Habile, capable. Vous êtes plus que moi aux échecs.
MOL.: « Je suis diablement sur l'impromptu »
SÉV.: « Vous dites que vous n'êtes pas e sur la narration »
ROLLIN: « Phocion était en raisonnement, et par là venait à bout d'abattre et de renverser la plus haute éloquence »
REGNARD: « Qui peut en fourberie être si que toi ? »
PICARD: « S'il est faible en talent, il est en intrigue »
PICARD: « Si monsieur est neuf sur les manières de Paris, vous n'êtes pas très sur la géographie »
    Absolument. Un homme , un homme dont l'esprit a plus d'étendue, de pénétration, de force qu'on n'en a d'ordinaire.
    Un élève , un élève qui sait bien ce qu'on lui enseigne. Il est en grec, en mathématiques.
LE SAGE: « Malgré la sévérité de ce professeur, j'étudiai sous lui pendant six mois, et je devins un de ses plus s écoliers »
    Familièrement. Il n'est pas , c'est-à-dire il s'en faut de beaucoup qu'il soit habile.
    Familièrement. Il est pour parler, il parle plus qu'il n'agit.
    Familièrement, être pour, signifie aussi avoir du goût pour. Il est pour le spectacle, pour le vin, pour jouer.
    Être en gueule, parler beaucoup, avoir la repartie prompte, piquante, insolente.
MOL.: « Vous êtes, ma mie, une fille suivante, Un peu trop e en gueule et impertinente »
    En parlant des ouvrages d'esprit, qui témoigne de la force, de l'habileté. Ce jeune homme a fait une composition très e.
PASC.: « Si ce discours vous plaît et vous semble , sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux pour prier.... »
VOLT.: « Dieu veuille que ces derniers tomes soient cent fois plus s que les premiers ! c'est ainsi qu'il faut répondre aux persécuteurs »
    Ironiquement.
BÉRANG.: « Dire : quel honneur vous me faites ! Messieurs, vous êtes trop honnêtes ; Ou quelque chose d'aussi »
    C'est une e tête, une tête e, c'est un homme judicieux et sagace.
    Ironiquement, les es têtes de l'endroit, les notables les plus habiles d'une localité où il y a peu de lumières.
    Une tête e, se dit aussi d'un homme qui supporte bien le vin.
    Une imagination e, imagination qui se représente les choses avec énergie.
VOLT.: « Les hommes d'une imagination e, comme Pascal, parlent avec une autorité despotique »
    Avoir l'esprit , avoir de la vigueur, de la pénétration dans l'esprit.
ROTR.: « Montrez un esprit en un corps abattu »
    Esprit , voy. ESPRIT, n° 20.
LA BRUY.: « Si c'est le grand et le sublime de la religion qui éblouit ou qui confond les esprits s, ils ne sont plus des esprits s, mais de faibles génies et de petits esprits »
    Bien fondé, appuyé sur de bons principes. De s arguments. Une objection e. De es preuves.
D'ALEMB.: « Il [Corneille] a un nom très respecté, il est mort ; voilà déjà une raison bien e (je ne dis pas bien bonne) en sa faveur »
    À plus e raison, voy. RAISON.

 21   Il se dit du style, des expressions, pour dire que l'énergie est jointe à la justesse. Un style et concis. Une éloquence e et rapide.
BOSSUET: « Madame a passé du matin au soir, ainsi que l'herbe des champs ; le matin elle fleurissait, avec quelles grâces vous le savez ; le soir nous la vîmes séchée, et ces es expressions, par lesquelles l'Écriture exagère l'inconstance des choses humaines, devaient être pour cette princesse si précises et si littérales »
    Terme de peinture. Qui a de la précision et ne laisse rien de douteux. Contours s.

 22   Il se dit, en un autre sens, des expressions qui ont quelque chose d'outré, de dur, de dépassant la mesure.
MOL.: « Le paradoxe est »
MOL.: « L'épithète est un peu e »
BOSSUET: « S'il faut user de termes s, la force de la vérité me les arrache »
MAINTENON: « Le comte de Polignac a écrit au nonce une lettre un peu e »
VOLT.: « Les éloges que Virgile, Horace et Ovide même prodiguèrent à Auguste étaient beaucoup plus s [que les éloges prodigués à Louis XIV] ; et, si on songe aux proscriptions, ils étaient assurément bien moins mérités »
VOLT.: « Après Milton, après le Tasse, Parler de moi serait trop , Et j'attendrai que je sois mort, Pour apprendre quelle est ma place »
    Familièrement. Cela est , paraît , voilà qui est , ou c'est trop , c'est par trop , c'est un peu , se dit d'une chose qu'on ne peut croire, qui surprend désagréablement.
DE CAILLIÈRES: « Vous m'avouerez que cela est , locution de la cour »

 23   Terme de fauconnerie. Volée du poing , action de lancer les oiseaux de poing sur le gibier.

 24   Terme de droit coutumier. Forte clameur, amende que payait en quelques endroits celui qui perdait un procès.

 25   S. m. Celui qui a une grande force musculaire ; il ne se dit que dans cette locution, les s de la halle, les portefaix qui font le service de la halle au blé de Paris.
BÉRANG.: « De la halle on dirait deux s : Peut-être ce sont des milords »
    Se dit aussi de ceux qui portent les marchandises dans les ports.

 26   Celui qui a la force ou la puissance. Protéger le faible contre le .
SACI: « L'épouvante a surpris les s de Moab, et tous les habitants de Chanaan ont séché de crainte »
BOSSUET: « Le patient vaut mieux que le , et celui qui dompte son coeur vaut mieux que celui qui prend des villes »
VOLT.: « Quelquefois la sagesse a maîtrisé le sort ; C'est le tyran du faible et l'esclave du »
    Le pain des s, voy. PAIN.
    Dans le langage de la chaire, le armé, le diable.
BOSSUET: « Le armé, c'est le démon.... Jésus-Christ a chassé ce armé, quand il a ébranlé le coeur endurci et qu'on a fait pénitence »

 27   La partie la plus e, la plus résistante d'une chose. Le de la voûte, d'une poutre.
    Mettre du bois sur son , le placer dans la position où il résiste le mieux à la charge.
    Le du pied, le côté qui appuie le plus sur la terre.
    Le de l'épée, le tiers du tranchant qui est à partir du talon, et avec lequel on pare surtout.
VOLT.: « Zadig sut parer le coup, en opposant ce qu'on appelle le de l'épée au faible de son adversaire »
    Le mi-fort, la partie de l'épée qui vient après le et qui est entre ce qu'on nomme le et le faible.
    Fort de la pique, le milieu de cette arme.
    Fort d'une balance romaine, le côté qui est le moins éloigné du centre ou point de suspension.
    Terme de marine. Le d'un navire, le milieu qui en est la partie la plus enfoncée et en même temps la plus large.
    Ligne du , se dit, dans un navire, de la ligne jusqu'à laquelle il enfonce quand on le charge de toutes les marchandises qu'il peut porter commodément et sans péril, et qui est au-dessus de la ligne d'eau.
    Le et le faible, ce qu'il y a de et de faible dans une personne, dans une chose.
LA BRUY.: « Les hommes d'ailleurs, qui tous savent le et le faible les uns des autres, agissent aussi réciproquement comme ils croient le devoir faire »
DANCOURT: « Je connais le et le faible de tous les états de la vie »
VOLT.: « Le et le faible de tous les gouvernements a été examiné de près dans les derniers temps »
VOLT.: « Enfin après avoir examiné le et le faible des sciences, il fut décidé que monsieur le marquis apprendrait à danser »
    Du au faible, le portant le faible, c'est-à-dire toute compensation faite. Quatre chevaux porteront tout cela, du au faible.

 28   Se dit en parlant des sons.
CHATEAUB.: « Il [le rossignol] saute du grave à l'aigu, du doux au »

 29   Terme de monnaie. Le , ce qui est en excès. Travailler sur le , tailler des flans ou espèces qui pèsent plutôt plus que moins et au delà du poids ordinaire.

 30   Terme de chasse. Le plus épais du bois et des buissons, où les bêtes sauvages se retirent (on voit à l'historique que a été employé en termes de chasse bien avant de l'être en termes de ification). Relancer la bête dans son .
LA BRUY.: « Il entre dans le , se mêle avec les piqueurs »
BUFF.: « Lorsque les louves sont prêtes à mettre bas, elles cherchent au fond du bois un , un endroit bien fourré, au milieu duquel elles aplanissent un espace assez considérable en coupant, en arrachant les épines avec les dents »
BUFF.: « Autrefois on en faisait le vol à l'épervier ou au faucon ; et, dans cette petite chasse, le plus difficile était de faire partir l'oiseau [le râle d'eau] de son »
J. J. ROUSS.: « Les ombrages ne sont pour l'autre que des viandis, des s »
    Fig.
BÉRANG.: « Lorsque l'ennui pénètre dans mon , Priez pour moi : je suis mort, je suis mort »
    Piquer dans le , pousser son cheval au galop dans le plus fourré du bois.
    Sortir du , rentrer au , se dit de la bête quand elle débuche et se rembuche.
RÉGNIER: « Un loup.... Sortant hors de son rencontre une lionne »

 31   Ouvrage de terre ou de maçonnerie capable de résister aux attaques de l'ennemi.
CORN.: « Et l'on ignore encor parmi ses ennemis L'art de reprendre un qu'une fois il a pris »
ROTR.: « Un ne se rend point qui n'est point combattu »
RAC.: « Du débris de leurs s il couvre ses frontières »
VOLT.: « Pour moi, loin de la ville établi dans ce »
    Forts de campagne, ceux qui sont faits pour garder des passages, ou pour défendre des lignes.
    Fort à étoile, construit par angles rentrants et saillants, et ressemblant par sa forme à une étoile.
RAYNAL: « Le Louis, qui défend cette partie de l'établissement, n'est qu'un misérable à étoile, incapable d'une résistance un peu opiniâtre »
    Fort détaché, qui ne tient pas au corps de la place. Les s détachés autour de Paris.

 32   Fig. La partie essentielle, principale d'une chose.
PASC.: « Ce n'est pas sur moi que tombe le de cette accusation »
BOSSUET: « Voici le de l'objection »
ROLLIN: « Le de la dispute entre Zénon et Arcésilas roulait sur le témoignage des sens »
    Le et le fin, ce qu'il y a de plus difficile dans un art, dans une science.
BOILEAU: « Te prouver à toi-même en grec, hébreu, latin, Que tu sais de leur art et le et le fin »
    Le plus , ce qu'il y a de plus difficile, de plus pénible.
LA FONT.: « Que reste-t-il ? le plus en est fait »
SÉV.: « Voilà le plus passé »
    De son plus , autant que l'on peut.
LA FONT.: « Que j'y courrais, et tout de mon plus »

 33   Le plus haut degré, en parlant de choses physiques.
RÉGNIER: « L'on ne pria les saints qu'au de la tempête »
CORN.: « Pareille à ces éclairs qui dans le des ombres.... »
MOL.: « Pendant ce temps heureux, passé comme un éclair, Je me couchais sans feu dans le de l'hiver »
BOILEAU: « Point de glace, bon Dieu ! dans le de l'été, Au mois de juin.... »
RAC.: « Xipharès.... qu'au du combat une troupe rebelle.... »
HAMILT.: « Ce fut au des fêtes que l'on faisait pour cette nouvelle reine, dans tout l'éclat d'une cour brillante, que le chevalier de Grammont vint contribuer à sa magnificence et à ses plaisirs »
    Il se dit, dans le même sens, des choses non physiques.
VOIT.: « Dans le de ma colère, je n'ai point fait de plaintes contre vous qui ne fussent accompagnées de louanges »
VOIT.: « Ici, au contraire, il nous a fallu reprendre celle-ci [Corbie] dans le d'une infinité d'autres affaires qui nous pressaient de tous côtés »
CORN.: « Et vous donne, au plus de vos adversités, Le sceptre que j'attends et que vous méritez »
CORN.: « Au de ma douleur tu rappelles ma crainte »
ROTR.: « [Il] Se jette furieux au plus du danger »
SCARR.: « Il ne manqua pas non plus au de la conversation.... d'être saisi par quatre hommes masqués »
MOL.: « Leur triomphante joie, au d'un tel outrage »
RAC.: « Toujours tu me verras, au de mon ennui, Mettre tout mon plaisir à te parler de lui »
    Ce qui fait la force, la supériorité d'une personne. La critique est son . Tout le de cet homme est la mémoire.
BALZ.: « C'est ici son , et l'endroit fatal où il prend de nouveaux avantages »
BOSSUET: « Le principal effet de l'émulation, c'est de nous inspirer un désir de l'emporter sur notre adversaire dans les choses où il fait son »
LA BRUY.: « Même sur le siége, qui est son [de Vauban] et où il décide souverainement.... »
HAMILT.: « Il voulut provoquer Matta par son »
BAYLE: « Nous inventons des réponses aux objections de l'adversaire, et nous ne songeons à lui que pour trouver le défaut de ses opinions ; d'où il arrive que nous sommes plus instruits de ce que nous appelons nos bonnes intentions que de celles où il met le de sa cause »
    Faire sur, compter sur, arguer de.
BOSSUET: « Je n'ai jamais trouvé, parmi nos prétendus réformés, aucun homme de bon sens qui fît sur cet article »

 35   Fort, adv. D'une manière e. Pousser .
DESC.: « Les chirurgiens, qui, ayant lié le bras médiocrement , au-dessus de l'endroit où ils ouvrent la veine, font que le sang en sort plus abondamment que s'ils ne l'avaient point lié »
MOL.: « Fort, madame, frappez comme il faut »
SÉV.: « Elle m'embrassa »
    Il se dit, dans le même sens, des choses morales.
GENLIS: « Mme d'Orgimont aime plus , mais vous aimez mieux »
ARNAULT: « Jamais l'amitié N'a parlé dans mon coeur plus que la pitié »
    Familièrement. De plus en plus , avec une force croissante. Il crie de plus en plus .

 36   Extrêmement, beaucoup. Il gèle . Fort beau. Fort aimable. Fort heureusement. Fort bien. Fort mal.
CORN.: « Auguste est troublé, l'on ignore la cause »
CORN.: « Et je m'étonne d'où vous vient cette audace »
CORN.: « Vous m'obligerez d'en prendre le souci »
MOL.: « ....Je suis un valet, mais homme d'honneur »
MOL.: « Quelque qu'on s'en défende, Il faut y venir un jour »
SÉV.: « Je trouvai ici le chevalier à mon arrivée ; nous causâmes , il me dit des choses particulières et très agréables »
SÉV.: « Il est de nos amis, j'ai reçu de lui mille consolations cet hiver passé »
VOLT.: « Je postulerai et ferme une place dans votre académie »
J. J. ROUSS.: « Du reste ils sont les maîtres de m'excommunier, si cela les amuse »
BEAUMARCH.: « S'il suffit d'être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez-vous si ? »
GENLIS: « Madame est amie avec Mme de Saint-Alban »
    Si , suivi d'un adjectif.
CORN.: « Un si rare service et si important Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant »

PROVERBES
    Jeunesse est e à passer, c'est-à-dire c'est un temps difficile à passer.
    Vos es fièvres quartaines, se disait par forme d'imprécation.

REMARQUE
    1. Plusieurs grammairiens ont réclamé contre la décision qui oblige à dire : Cette femme se fait de fournir la somme demandée ; ils se font de.... Déjà, en 1668, Marguerite Buffet, Observ. p. 195, prétendait qu'il fallait dire : Elle se fait e. La vérité est que la locution était parfaitement régulière quand était des deux genres ; l'ancienne langue disait uns hom fors, une femme fors. Aujourd'hui que fait au féminin e, il ne reste plus là qu'un archaïsme qui mériterait sans doute d'être conservé s'il s'était transmis sans variation ; mais depuis longtemps, comme on peut voir à l'historique, l'analogie nouvelle de la langue l'a enfreint. Voilà pour le féminin ; quant au pluriel, dire : Ils se font et non s, cela n'est fondé ni sur l'archaïsme ni sur la grammaire ; est ici adjectif et non adverbe.
    2. Nodier et quelques autres ont signalé de.... comme un néologisme blâmable. Mais on peut voir au n° 2, que ce n'est point un néologisme. À quoi on peut ajouter que, grammaticalement, il n'y a rien à blâmer dans cette tournure.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CI: Et bels et forz et isnels et legers
     ib. CXXVIII: Ce dist Rolanz : forz est nostre bataille
     ib. CLXXXVI: Siglent à et nagent et gouvernent
     ib. CCLXXXII: [Ils] Vestent hauberz blancs et forz et legers
     ib. CCVIII: Ceste dolor ne demenez tant
    XIIème siècle
     Couci, v: Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers amor [je] me peüsse contendre
     ib. XIII: Car tant est et cruels sa prisons
     Sax. VII: Vous irez à Cologne, la cité garnie
     ib. XIII: Et [ils ont] les murs crevantés de arene bise
     Rois, p. 6: Li arcs des forz est surmuntez, e li fieble sunt esforcié
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Li hom fors veraiement sostient molt de choses terribles et de grans outrages por enprendre ce que convient et por laissier ce que est à laissier »
BRUN. LATINI: « Jà soit ce que en chascune chose soient entremeslé tuit li quatre element, il convient que la force des uns i soit plus fors, selonc ce que plus i abonde »
VILLEH.: « Trop estoit la vile fors »
     Berte, XV: Derrier le haterel [cou] [ils] lui ont si noué [la corde]
     Ren. 15551: Que nul esploit ne porra faire ; Que [car] li set buef ne puent traire, Que trop est la terre et dure
BEAUMANOIR: « Chil [celui-là] est fors lerres [larron] qui vent coivre por or ou estaint por argent »
    XIVème siècle
ORESME: « Et devez savoir que le demourant de chest [ce] chapistre est mal à entendre, à translater, et aussi comme inutile quant à ceste science »
ORESME: « Et semblablement celui qui est de corps ou celui qui est bien taillés à courir »
ORESME: « ....Aristote entent tousjours par fors ceulx qui ont la vertu de itude »
ORESME: « Ceulx desquelz l'ire est e à oster et dure longuement »
ORESME: « En toutes choses c'est de prendre le moien et de assener au moien »
     Le livre du bon Jehan, 77: Ceulx exemples t'ay dit de la mort, Mais je te vueill dire plus , C'est de la roe de une Qui fait son tour comme la lune
     Guesclin, 319: Il estoit grans et fors, et s'estoit bien fourniz, Et desirans des armes de faire les deliz
     ib. 17118: Bertran à son voloir venir ne pooit mie, Car souvent ot affaire contre e partie
     ib. 5357: Et je me fai bien , devant tous en oyant, Que nous tous qui ci sommes assemblez en estant, Irons avecque lui du tout à son commant
     Baud. de Seb. VI, 586: S'est che moult à faire, par Dieu qui crea tout
BERCHEURE: « Les peres avoient fet leur fet et leur de lui delivrer »
     Modus, f° XII, verso: S'il advient que tu destournes un cerf des taillis et tu le poursuis jusques au
    XVème siècle
FROISS.: « On nous avoit informés que, si vous aviez mille lances, vous seriez s assez pour combattre les Anglois ; je me fais que vous en avez bien mille et plus »
FROISS.: « Et jurerent à estre bons Anglois, de ce jour en avant, tant que le roi d'Angleterre ou personne e de par lui les voudroit ou pourroit tenir en paix devers les François »
GERSON: « Oncques ne fut que le ne mangeast le foible, le riche, le pauvre »
     le Livre des trois rois: De cy dormir suis bien d'acort ; Car nous avons fait le plus
CH. D'ORL.: « Grand tourment a, puisque si se plaint, Je l'oy crier piteusement secours »
CH. D'ORL.: « Anuy, soussy, soing et merencolie, Se vous prenez desplaisir à ma vie, Et desirez tost avancer ma mort, Tourmentez moy de plus en plus »
     Jeh. de Saintré, chap. 4: Et que si, dirent elles, nous nous faisons es pour lui
     Les 15 joies de mariage, p. 61: Par ma foy, il pert [il paraît] bien que vous n'estes gueres sage ; mais, au , faites vostre guise, car il ne m'en chault
JUVENAL: « Et faisoit-on de plus en plus grands joyes, cheres, festes et esbateures »
     Boucic. I, chap. 29: .... Eulx aussi l'ayderoient, c'est à savoir chascune seigneurie de huit galées ; et se faisoient s de ceulx de Rhodes
     ib. III, 8: Si leur dict que voirement tant avoyent mefait que plus ne pouvoient.... mais que au [à la rigueur] tout leur seroit pardonné
EUST. DESCH.: « Ce seroit aussi e chose, Passer par le tro d'une aguille Un chamel, teste [texte] est d'evangile, Com d'un riche mondain seroit Qui en paradis entreroit »
O. DE LA MARCHE: « J'ai toujours ouï dire que contre s et contre faux ne valent ne lettres ne sceaux »
     Perceforest, t. IV, f° 137: Il n'y a si que de commencer [le plus difficile est de commencer]
COMM.: « Et qu'au s'il falloit qu'ils mourussent pour executer une telle entreprinse, qu'ils prendroient la mort en gré »
LOUIS XI: « La compagnie dejeunoit au plus et faisoit le chaudeau »
    XVIème siècle
MAROT: « L'effet receu de tes premiers efforts, De tes hauts faits advenir nous faits s »
MAROT: « [Un homme si bas] Vous pourroit-il saluer hautement ? Fort lui seroit, car petite clochette A beau branler, avant qu'un haut son jecte »
MAROT: « Tien-toy donc du seul Dieu triumphant.... »
MAROT: « Le Dieu, le , l'Eternel parlera »
MAROT: « Elles ont nez, et ne sauroient jouir D'odeur douce ne e »
MAROT: « Le Dieu de Jacob c'est un Pour nous encontre tout effort »
DU BELLAY: « Amour grava vostre beauté Au plus de ma loyauté »
DU BELLAY: « Qui quiert le feu aux veines d'une pierre, Qui court au bois, s des bestes sauvages »
MARG.: « Madame a esté merveilleusement malade d'une e colique. ....elle se trouve foible encores »
MARG.: « Si j'entendoys aussi bien comme l'on peult vaincre par rigueur et audace ung coeur obstiné que vous faictes la passion de M. de Saint-Pol, je me feroys e que le roy seroit obey »
MARG.: « Au plus de son mal, il ne fait que parler et s'esbattre »
MARG.: « Si vous m'aimez autant que vous dites, je suis sure que, pour avoir ma bonne grace, rien ne vous sera [difficile] à faire »
MONT.: « Ayant esté bien offensé par les Limosins »
MONT.: « Forte battaille »
MONT.: « Il n'est rien qui abastardisse si une nature bien née »
MONT.: « Au de l'eloquence de Cicero, plusieurs entroient en admiration »
MONT.: « Le pouls lui bat »
MONT.: « Dans le plus du doubte »
DESPER.: « C'estoit l'homme du monde le plus [difficile] à tenir, car il ne se passoit jour qu'il ne fist quelque folie »
DESPER.: « Il trouvoit le vin assez sans eau, buvant sicut terra sine aqua »
AMYOT: « Theseus se faisant , et promettant qu'il viendroit au dessus du Minotaure »
AMYOT: « Le fer entra si avant dedans la terre, qui estoit e et grasse, que nul ne le peut arracher »
AMYOT: « Ceulx qui estoient plus faits et plus s apportoient du bois : ceulx qui estoient plus petits et plus foibles, des herbes »
AMYOT: « Themistocle leur nia et ferme »
AMYOT: « Le louant comme un homme de bien »
AMYOT: « Les Macedoniens luy en sceurent mauvais gré, et l'en blasmerent »
AMYOT: « La barbe e et espesse, le front large, le nez aquilin »
D'AUB.: « Teligni jure et asseure savoir bien que c'estoit pour un de plaisir [petite guerre] qu'on vouloit attaquer dans la cour du Louvre »
CARLOIX: « Il avoit esté contraint de se retirer en son logis et y tenir cinq ou six heures »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. fô ; provenç. ; espagn. fuerte ; portug. et ital. e ; du latin is.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE FORT. Ajoutez :

 37   Dans les raffineries de salpêtre, eaux es, celles qui n'ont plus qu'à passer une fois sur des terres neuves pour devenir eaux de cuite.

 38   De plus , plus ement, avec plus de force.
     Gaz. des Trib. 4 janv. 1873, p. 10, 3e col.: L'ordonnance du 20 juillet 1825, voulant assurer de plus l'exécution complète de la loi du 1er mai 1822


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


Robuste, vigoureux. "Un homme , extrêmement . Un homme grand et . Un homme et ramassé. Avoir le bras , la main e, les reins s. Avoir une e constitution. C'est un homme , et qui résiste au travail, à la fatigue. Il est plus , moins qu'un tel. Il n'est pas assez pour porter tout cela. Ce cheval est-il assez pour le carrosse? Un oiseau qui a l'aile e."
Prov., "Cet homme est comme un Turc," Il est extrêmement robuste, vigoureux.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Grand et puissant de corps, épais de taille. "Un cheval. Un mulet. Un cheval du dessous. Un mulet porte six cents pesant." On dit dans un sens analogue, "Avoir la jambe e, la main e, etc."
Il se dit également Des choses, et signifie, Gros et épais de matière, capable de porter un poids ou de résister au choc. "De es murailles. Une e digue. Cet arbre est déjà . Il faut une poutre plus e. Ces solives-là sont trop es pour la poutre. Il faut une barre de fer plus e. Une planche qui n'est pas assez e. De la vaisselle d'argent extrêmement e. Coffre-fort:" voyez COFFRE.
Il se dit pareillement Des étoffes, des toiles, du cuir, etc. "Un damas et plein de soie. Cette étoffe est e, elle durera long-temps. Du ruban bien . Un cuir et qui résiste à l'eau."
"Terre e," Terre grasse, tenace, et difficile à labourer. "Colle e," Sorte de colle plus tenace que la colle ordinaire.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des villes et des places de guerre; et alors il signifie, Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi. "Ville e. Place e. Le corps de la place est très-fort. Les dehors sont encore plus s que le corps de la place."
Il se dit, quelquefois, Des troupes que leur nombre et leurs ressources mettent à même d'attaquer et de se défendre avec avantage. "L'ennemi était plus que nous."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant Des bois, des blés, etc., signifie, Touffu, rangé près à près. "Les blés sont s cette année. Un bois extrêmement . La haie est trop e pour qu'on y puisse passer."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Rude, difficile, pénible. "Un ressort qui est très-fort. Vous lui donnez là une e tâche. Ils trouvèrent une montagne e à monter. C'est un cheval à dompter."
"Ce cheval a la bouche e, est en bouche," Il n'obéit point au mors.
Fam., "Le plus en est fait," Le plus difficile, le plus désagréable en est fait.
Prov., "La jeunesse est e à passer," Dans la jeunesse on a bien de la peine à modérer ses passions.



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit figurément De ce qui est considérable dans son genre. "C'est une e maison, on y fait beaucoup de dépense. Une e dépense. Recevoir un salaire, de s appointements. Une e somme. Un nombre plus qu'un autre. Ils laissèrent un détachement à la garde du butin. Les journées de travail sont plus es dans telle saison. Poids . Mesure e. Une e dose."
"Un ordinaire ," Une table servie tous les jours copieusement. "Une e entrée," Une entrée copieuse; et, dans le même sens, "Un plat , très-fort."
"Voix e," Voix pleine et qui se fait bien entendre.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



au figuré, signifie particulièrement, Impétueux, grand, violent, énergique dans son genre. "Forte pluie. Vent . Sons s. Forte gelée. Forte chaleur. Forte douleur. Médecine trop e. Forte maladie. Forte fièvre. Son pouls est et élevé. Il faut donner le feu plus . Le coup de tonnerre fut si que les vitres en tremblèrent. Donner une e impulsion. Faire une e résistance." En Musique: "La mesure se divise en temps faibles et en temps s. Appuyer sur les temps s. Etc."
Il s'applique également Aux choses morales. "Avoir une e inclination, une e passion pour quelque chose. Cela fit une e impression sur son esprit. Causer une e émotion."
Fam., "Cela est plus que moi," se dit D'une passion, d'une répugnance, d'une habitude, etc., qu'on ne peut vaincre, surmonter.



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, dans une acception analogue à celle qui précède, De certaines choses qui font une vive impression sur le goût ou sur l'odorat. "Liqueurs es. Vinaigre . Bière e. Cidre . Le gingembre, le piment ont un goût très-fort. Cette eau de Cologne est bien e, a une odeur bien e. Ce tabac est trop pour moi."
Il se dit, particulièrement, De ce qui est excessivement âcre, désagréable au goût, à l'odorat. "Du beurre . Avoir l'haleine e."
"Eau-forte." Nom que l'on donne ordinairement à l'acide nitrique, dans le commerce et dans les arts.
"Graver à l'eau-forte," Graver sur une planche de cuivre avec le seul secours de l'eau-forte. On appelle par extension "Eau-forte," Une estampe tirée sur une planche qui a été préparée à l'eau-forte, pour être ensuite terminée au burin, ou sur une planche entièrement gravée à l'eau-forte. "Une belle eau-forte. Les eaux-fortes de Rembrandt."



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi pour Chargé, en parlant D'un liquide, d'une couleur, etc. "Lessive trop e. Vin . Bouillon trop . Ce thé est bien . Ce café est trop . Couleur e. Des teintes plus es."



10ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en outre pour Puissant, tant au sens physique qu'au sens moral. "Son parti est le plus . Vous aurez affaire à e partie. Un homme est bien quand il a pour lui la justice. Céder au plus . C'est le plus qui fait la loi. Quand on n'est pas le plus , il faut céder. La raison du plus ."
"Main-forte." Voyez cette expression à son rang alphabétique, dans la lettre M.



11ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Qui est bien fondé, qui est appuyé sur de bons principes. "Cette raison-là est bien plus e que l'autre. C'est un des plus s arguments pour prouver l'immortalité de l'âme. Une e objection."
Par comparaison du plus au moins, "À plus e raison," Avec d'autant plus de raison. "Si l'on est obligé de faire du bien aux étrangers, à plus e raison doit-on en faire à sa famille."



12ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également Des expressions, du style, etc., lorsqu'ils joignent l'énergie à la justesse, et qu'ils sont capables de frapper, d'entraîner. "Une expression e. Un style et concis. Une éloquence e et rapide."
Il se dit aussi Des expressions, des termes, des propos durs et offensants. "Cette expression-là est un peu e. L'épithète est e. Ce que vous dites là est un peu ."
Fam., "Cela est , paraît ; voilà qui est ," se dit D'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, ou difficile à croire.



13ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit souvent, au figuré, pour Habile, expérimenté, capable. "C'est un homme . Il est sur ces matières-là, il y est plus que personne. Cet élève est sur la philosophie, sur l'histoire. Il n'est pas assez pour bien traiter un pareil sujet. Elle est très-forte sur le piano, sur la harpe. Être aux échecs, au piquet. Je ne joue pas contre vous, vous êtes beaucoup plus que moi. Il n'est pas ."
"C'est une tête e, une e tête," C'est un homme de beaucoup de jugement, de beaucoup de capacité. "C'est une des plus es têtes du conseil, de l'assemblée." On appelle aussi "Tête e," Un homme qui porte bien le vin, qui peut en boire beaucoup sans s'incommoder.
"Avoir l'esprit ," Avoir de la vigueur, de la pénétration et de l'étendue d'esprit. "Il a l'esprit , il n'est point accablé par la multitude des affaires."
"Un esprit ," se dit d'Une personne qui se pique de ne pas croire les dogmes de la religion; et, en général, de Quiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. "C'est un esprit . Il fait l'esprit . Les prétendus esprits s."
Très-fam., "Il est pour parler, pour pérorer, etc.," se dit, par une sorte de dénigrement, De celui qui sait beaucoup moins agir que parler, etc.



14ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend aussi, figurément, pour Courageux, magnanime, ferme. "C'est un homme qui a un caractère , qui a l'âme grande et e. La femme e de l'Écriture. Cela est d'une âme e."
"Se faire ," S'engager à quelque chose, se rendre caution, se rendre garant. Dans cette phrase, le mot "Fort" s'emploie toujours sans nombre ni genre. "Je me fais d'en venir à bout. Il se fait de son ami. Elle se fait d'obtenir la signature de son mari. Ils se faisaient d'une chose qui ne dépendait pas d'eux." On dit dans le même sens, "Se porter pour quelqu'un," Répondre du consentement de quelqu'un.



15ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se met souvent avec la préposition "en," ou avec la préposition "de," suivie d'un substantif qui indique le genre de force, la cause, la qualité, les ressources, etc., qui rendent . "Être des reins. Une place e d'assiette. Cette armée est e en infanterie, e d'infanterie. Il est en cavalerie. Les ennemis sont plus s en nombre. Une armée e de cent mille hommes. Être en raisons. Ils étaient s de nos divisions. Être de la protection de quelqu'un. Être de sa conscience. Ce discours est très- de raisonnement, est très- de style."
Prov. et pop., "Être en gueule," Parler beaucoup, avoir la repartie prompte et rude.



16ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit substantivement, surtout dans le style élevé, de Celui qui a la force ou la puissance. "Protéger le faible contre le ."
"Les s de la halle," Les portefaix qui font le service de la halle aux blés de Paris.



17ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi comme adverbe, et signifie, Vigoureusement, d'une manière e et vigoureuse. "Frappez . Heurtez plus . Poussez ."
Il signifie aussi, Extrêmement, beaucoup; et alors, quand on le met devant un adjectif ou devant un adverbe, il marque le superlatif. "Il pleut . Il gèle . Il vente . Elle lui plaît . Cette entreprise lui tient au coeur. J'ai cela à coeur. Je crois qu'il s'y opposera. Il nie et ferme. Il en a été surpris. Cet ouvrage est estimé des savants. Fort beau. Fort laid. Elle est aimable. Cela est inquiétant. Il n'est pas habile. Fort bien. Fort mal."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


FORTE, adj. FORTEMENT, adv. ["For", "forte", "teman"; 2e "e" muet.] "Fort" est "adjectif", "substantif" et "adverbe". I. "Adj." 1°. Robuste, vigoureux. 'Homme "fort", qui a le brâs "fort", la main "forte".
- 2°. En parlant des chôses: Capable de porter un poids, ou de résister au choc. 'Il faut une poûtre, une bârre de fer plus "forte". 'Cette planche n'est pas assez "forte". = Damas "fort;" du ruban bien "fort"; toile, étofe "forte".
- 3°. Propre à résister aux ataques de l'énemi. 'Ville, place "forte". 'Des dehors plus "forts" encôre que le corps de la place.
- 4°. Toufu. 'Les blés sont "forts". Bois extrêmement "fort". 'Cette haie est "forte" et impénétrable.
- 5°. Rude, dificile. 'Montagne "forte à monter": cheval " à dompter". 'La jeunesse est "forte à pâsser". Il est dificile qu'on n'y tombe dans de grands inconvéniens.
- '"Le plus " en est fait.
- Terre "forte", dificile à labourer.
- Colle "forte", plus tenace que l'ordinaire.
- Cofre "fort", dificile à ouvrir et à rompre.
- 6°. Grand, violent dans son genre. 'Vent "fort:" pluie, gelée, douleur très-"forte". 'Vinaigre "fort", bière "forte".
- 7°. Âcre, piquant au goût et à l'odorat. 'Beurre "fort". 'Avoir l'haleine "forte". 'Ces odeurs sont trop "fortes".
- 8°. Puissant, considérable. 'Son parti est le plus "fort". 'Les énemis sont plus "forts" en nombre. Cette armée est plus "forte en" Soldats, et l'autre "en" Oficiers: l'une est plus "forte d'"infanterie, l'autre "de" cavalerie. 'Céder "au plus ": la raison "du plus ".
- 9°. Dans les chôses morales, grand, violent, extrême: '"Forte" inclination, "forte" passion "pour", etc. 'Faire une "forte" impression sur l'esprit, sur le coeur. 'Un des plus "forts" argumens";" une des plus "fortes" raisons.
- Expression "forte", énergique; "ou" dure et ofensante. 'L'épithète est "forte": cela est trop "fort".
- 10°. "Fig." Habile, expérimenté. '"Fort sur" une matière: " aux" échecs, "au" piquet. 'Vous êtes plus "fort" que moi; trop "fort" pour moi. = Avoir "l'esprit " et être "un esprit ", ont des sens bien diférens: l'un anonce une véritable force d'esprit; l'autre n'en énonce que la faiblesse. = "Tête e", capable des plus grandes afaires.
   "Rem." 1°. "Forte", peut se placer devant ou après le substantif au choix de l'Écrivain dirigé par l'oreille et le goût: "femme e", "forte épée", etc. Si l'on disait "forte femme", ou "épée e", on parlerait mal. Au "masc." en parlant des persones, il ne s' emploie guère seul, et~ sans la compagnie d'un adjectif ou d'un adverbe de comparaison. On dit bien esprit "fort;" mais on ne dirait pas, c'est un " homme", ou un "homme ". On dira, un homme " et courageux", ou bien, "extrêmement ". * 'Sous "les s règnes" de François I et de Henri II. les Réformés furent soumis. BOSS. 'Ils s'emparèrent d'un " camp". Targe. Celui-ci entre autres est excessivement dur. "Fort", n'aime pas à précéder, surtout un monosyllabe. Voy. VIGOUREUX.
   2°. Quelques-uns lui font régir la prép. "de". 'Voilà qui est " de café": cette liqueur est "forte d'eau de vie". L'Auteur du "Diction. Néol." pour se moquer d'un Poète, qui parlait de "traits s de sens", dit que son style est " d'esprit". Je ne sais si cet article et de l' Ab. "Des Fontaines", qui a augmenté ce Dictionaire, mais il a employé lui-même ce régime. Il dit d'une Épitre en vers, que les vers y sont un peu "forts de" plaisanterie et "de" satire. "Fréron" a dit aussi: 'La solution de ce problème littéraire et un peu "forte de" métaphysique. = "Corneille" et "Voltaire", l'un en vers, l'aûtre en prôse ont mieux employé ce régime.
   Je m'attachois sans crainte à servir la Princesse,
   "Fier de" mes cheveux blancs et " de" ma foiblesse.
       "Pulchérie".
'Les Turcs... dangereux encôre et "forts de" nos divisions, assiégeaient depuis deux ans Candie.
   3°. "Se faire ", se rendre garant, régit "de" et l'infinitif. 'Il "se fait de" vous "convaincre". 'Je "me fais d'"en "venir" à bout. 'Je n'ai pas ces mille écus, dit l'usurier, mais je "me fais de" vous "trouver" un homme, qui vous les prêtera. "Le Sage". = Dans cette expression, "fort" est indéclinable; de sorte qu'une femme dira, "je me fais " et non pas "forte"; et au pluriel, "ils se font " et non pas "forts". = Du reste cette expression n'est pas noble, et elle est peu digne du style d'une tragédie.
   Le Roi, s'il "s'en fait ", pourroit s'en trouver mal.
       Nicom.
  II. FORT, subst. = L'endroit le plus d'une chôse: 'Mettre une poutre sur "son ;" "le de la" voûte, "de la" balance, "de l'"épée, etc. = L'endroit le plus toufu d'un bois. 'S'enfoncer dans "le du" bois. 'Relancer une bête dans "son ". = "Fig." Ce qu'on sait le mieux; par où l'on excelle. 'La chronologie est "son ". 'Il faut le tirer de "son ", et vous le trouverez ignorant sur tout aûtre article. = "Le et le faible"; "du au faible"; "le portant le faible", compensation faite d'une chôse avec une aûtre. = Le tems où une chôse est à son plus haut point. '"Dans le de" l'hiver, de l'été, "au de" la tempête. '"Dans le de" ma colère, je n'ai point fait de plaintes contre vous. "Voit."
   Ce ver caché, ce remors, qui vous ronge,
   Jusqu'"au plus de" vos égaremens.
       "Rouss."
= "Faire son fait de" et "faire sur", expressions souvent employées par "Bossuet", et aujourd'hui peu en usage. '"Faire son d'une" preûve. 'Je n'ai vu aucun homme de bien, qui "fît sur" cet article.
- Que d'expressions utiles, que l'usage a abandonées depuis moins de cent ans, qu'il n'a pas remplacées!
   FORT, ouvrage de terre ou de maçonerie, propre à résister~ aux ataques des Énemis. Bâtir; ataquer,, prendre "un ". '"Un " de terre défendait l'entrée du pont.
   III. FORT, adv. de quantité. Extrêmement; beaucoup. Il modifie les adjectifs, les adverbes et les verbes; il est " aimable"; " bien", " heureûsement"; il "m'a diverti"; mais il y a beaucoup de verbes avec lesquels il ne se combine pas heureûsement. 'Je "l'ai vu" depuis quelque temps, comme dit M. "de Coulanges", a quelque chôse de dur et de sauvage. "Beaucoup", est d'un usage plus étendu et plus sûr. = "Fort", se met toujours aprês les temps simples des verbes, et dans les temps composés entre l'auxiliaire et le participe. 'Il m'amûse "fort", il me plait "fort": il m'a "fort" ennuyé. Voy. TRèS. = * Anciènement on disait "fort" pour "trop". 'M. de Chaudebonne est " chagrin pour" batre les sonnettes. "Voiture". On dirait aujourd'hui, "trop chagrin pour", etc. = "Fort", vigoureûsement. 'Fraper "fort": heurtez plus "fort". = "Fort et ferme", adv. 'Il travaille " et ferme" à une espèce de liquidation des controverses. "Boss." Cette expression n'est pas du beau style.
   IV. FORTEMENT, avec vigueur, avec véhémence. 'Parler, agir "fortement". 'Apuyer "fortement" son opinion.




Emplacement dans le dictionnaire :

formulaire
formulation
formule
formulé
formuler
fornicateur
fornication
forniquer
fors

fort-vêtu
fort-vétu
forte
forte-piano
fortement
forteresse
fortifiant
fortification
fortifier
fortin
fortiori




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...que je vous en parle, de mon coeur en vos réseaux ? ) ô vous joli'Fée des eaux. PÈL. PAS., AUTANT..., CHANSON on a marché sur les fleurs au bord de la route, et le vent d'automne les secoue si fort, en outre. La malle-poste a renversé la vieille croix au bord de la route, elle était vraiment si pourrie, en outre. L'idiot (tu sais) est mort au bord de la route, et personne ne le pleurera, en...


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...présentable, et s'obstinait à se trop peu vêtir ; le simple pareo tahitien lui semblait suffisant ; il n'avait jamais pu se faire à l'habit noir. De plus il se grisait souvent ; aussi le montrait-on fort peu. De ce mariage étaient issus de vrais géants, qui tous mouraient du même mal sans remède, comme ces grandes plantes des tropiques qui poussent en une saison et meurent à l'automne. Tous...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...un horrible épouvantail. On voyait que cette chose sinistre éveillait dans son esprit inculte une foule d'idées nouvelles, -sans qu'elle pût leur donner une forme précise... cette tête devait être fort ancienne ; elle était presque fossile, -et teinte de cette nuance rouge que la terre de ce pays donne aux pierres et aux ossements... la mort a perdu de son horreur quand elle remonte aussi loin......


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